Bouzeguene-décès
Décès d’AMEZIANE Abdenacer: Un pilier
de la culture amazigh vient de tirer sa révérence
Bouzeguene,
5 avril 2008 (bms)- AMEZIANE Abdenacer (Nacer At Ali Oumezian) du village
Ait Said (Commune de Bouzguène) professeur d’anglais au lycée
filles d’Azazga a été fauché à la fleur de
l’âge. Il avait tout juste 50 ans.
Evénement tragique qui a bouleversé
le village et le lycée. Rien ne pouvait prévoir cette chute
brutal de quelqu’un qui est plein de vie, toujours le mot pour rire, se
moquant de tout et de tous. Il avait le sens de la répartie et personne
n’y échappe, hommes et femmes, vieux et vieilles et surtout les
enfants. Il ne laisse personne indifférent.
Grand pédagogue, très estimé
de ses élèves (les filles surtout étaient inconsolables).
Elles étaient restées auprès sa dépouille jusqu’à
la dernière minute avant son enterrement.
On ne pouvait jamais le prendre au sérieux.
D'ailleurs ses amis ont cru et croient encore à un poisson d’avril,
canular dont il était capable si ce n’est la tragique situation
qui nous peine.
Grand rêveur, il ne parle que de voyages,
de partir en Suisse. Ces derniers temps il ne songe qu’à l’Amérique.
Il agasse, parfois, avec sa manie de gratter une
cigarette mais on ne peut la lui refuser.
Très serviable. Malgré une journée
de travail harassante, il ne sait pas se dérober quand on a besoin
de lui. Il était l’écrivain public du village et surtout
des personnes âgées.
Il avait toujours le mot pour détendre l’atmosphère.
A ses collègues enseignants (hommes et femmes) réunis, il
les salue toujours par aakhir fellakent (formule destinée logiquement
aux seules femmes).
Signe prémonitoire, il aurait dit, la veille,
à une de ses élèves, n’ayant pas terminé son
devoir, de le restituer le lendemain. Et s’il mourait, elle le remettrait
à un autre enseignant.
Jamais le village n’a connu une telle effervescence.
Le comité d’organisation des funérailles
a été à la hauteur de l’événement, il
a réussi à canaliser le flot incessant de véhicules,
de fourgons, qui ne cesse de déverser des centaines de personnes
venues se recueillir, une procession interminable de gens l’a accompagné
à sa dernière demeure.
Adieu mon ami.
Sadaoui Abdennour