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Kabylie-Ibouyisfène
Il était une fois un ange appelé Moumouh ...

Bouzeguene, 4 décembre 2011 - Il était un ange, "Delmalaykat'' (en kabyle), est le qualificatif qui est revenu dans tous les témoignages pour désigner le regretté Moumouh, un jeune garçon d'Ibouyisfene (Bouzeguene), de son vrai nom Hanouti Mohand, décédé malheureusement il y a un peu plus de quatre ans, à l'âge de 13 ans, à la suite de ce qui s'apparente à une véritable mauvaise prise en charge médicale (le moins que l'on puisse dire), qui s'est traduite, selon ses parents, par un vrai "empoisonnement".
   Des images furtives de Moumouh, enregistrées dans une vidéo lors d'un mariage, laissent apparaître un garçon serein et bien portant. Il paraissait souriant, joyeux et détendu. Mais sa vie a basculé soudainement pour laisser sa famille et tous ceux qui le connaissent dans la douleur.
    Son père raconte comment la veille de l'Aid et alors qu'il l'aidait dans les travaux de l'épicerie qu'il tient à l'entrée de Bouzeguene, Moumouh lui a fait état de douleurs à l'estomac. Le soir il se rendra avec lui au dispensaire de Laoudha Guighil, à quelques kilomètres de là, en allant vers Azazga. Là le médecin lui dira qu'il n'a rien et qu'il s'agirait d'une simple indigestion liée à quelque chose qu'il aurait consommé. Mais trois jours plus tard, il sera évacué vers Azazga, où un chirurgien sollicité pour l'opérer pour une appendicite, réfutera ce diagnostic et le renverra chez lui. 
    Mais le mal est toujours là avec ses douleures, les médicaments qu'il lui a prescrit n'ayant rien donné. Des analyses effectuées n'ont rien révélé jusqu'à ce qu'un médecin découvre que le jeune garçon a des poches d'eau dans un poumon. Là commence alors une grande bataille qui s'est soldée par des succès lorsqu'il était suivi par le Pr Amalou, dira son père. Il sera hospitalisé à l'hôpital Nadir du CHU de Tizi-ouzou. Il a repris le dessus. Il serait resté encore un peu plus longtemps, il serait guéri, a indiqué son père. Là est entré en effet un autre médecin de l'hôpital de Tizi-ouzou qui suggère à son père de le prendre chez lui estimant qu'il peut suivre sa thérapie pour ne pas rater sa scolarité. Cette décision prise par le médecin du service pédiatrie au mépris des recommandations du Pr Amalou, selon M. Hanouti, sera respectée mais le jeune garçon rechutera dans la maladie quelques temps après. Et c'est ainsi qu'il sera soumis ensuite à un intense traitement qui a fini par l'empoisonner, affirmera son frère, Sofiane. Il a été empoissonné à coup de ''morphine'' et de ''l'extenciline'' (ou quelque chose de ce genre), précise Sofiane.
    Son père ne s'avouera pas vaincu. Malgré l'absence d'une prise en charge officielle pour des soins à l'étranger, son père se débrouillera pour l'emmener en France où il sera hospitalisé en urgence dans un hôpital de Marseille. Le Pr Olivier Poux a fait de son mieux avec son équipe pour le sauver. Mais il était trop tard. Le Pr en était affecté. Moumouh est décédé le 24 septembre 2007, laissant une famille qui n'arrive pas à l'oublier.
    Son père parle de lui comme d'un bras droit sur lequel il comptait malgré son extrême jeunesse. Sa mère est émue aux larmes lorsqu'elle évoquait son souvenir, Moumouh étant un fils adorable. Sa sœur Ferroudja est marquée par sa disparition et son frère Sofiane est en colère contre les médecins de Tizi-ouzou qui l'ont ''empoisonné', dit-il. Mais il n'y a pas que sa petite famille à être peinée par sa disparition. Tous ceux qui l'ont connu, le regrettent. Ils parlent de lui comme d'un ange, un garçon aimable, serviable, joyeux, plaisantin, avec toutes les qualités qui mènent au Paradis ceux qui les possèdent comme Moumouh. Son destin est ainsi fait. Dieu en a Voulu ainsi, A Dieu nous appartenons, à Lui nous retournons.(BMS)  

Belkacemi Mohand Said - 0772.13.88.88 - kabylienews@yahoo.fr

La vidéo des témoignages


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