Algérie-presse
El
Watan obtient une distinction internationale ignorée par le ministre
qui parle de former les journalistes
Tizi-ouzou, 9 décembre 2011 - Le journal El Watan a obtenu
lundi une grande distinction internationale pour sa crédibilité
et son professionnalisme mais qui est visiblement ignorée par le
ministre de la communication Nacer Mehal, qui parle de formations de journalistes
à partir de janvier 2012 au moment où il défendait
devant le Sénat son projet de loi sur l'information, très
critiqué par les professionnels et les syndicats.
Le journal El Watan a reçu lundi soir à
Lyon, en France, le trophée de la liberté de la presse, décerné
par le département "Press Freedom" de la WAN-IFRA, à l'occasion
de la cérémonie des Victoires de la presse, dont c’était
la première édition en France. C'est le président
du conseil régional Rhône-Alpes, ancien ministre, Jean-Jacques
Queyranne qui a remis la distinction au directeur général
d'El Watan, Omar Belhouchet, accompagné de Mohamed Tahar Messaoudi,
a rapporté le correspondant du journal.
''Fier de cette distinction qui couronne 20 ans
d'opiniâtreté du journal pour défendre le droit à
l'expression, Omar Belhouchet a déclaré que "la liberté
de la presse est un combat continu, de tous les jours", suscitant des applaudissements
nourris d'une assemblée constituée de nombreux directeurs
de grands titres de la presse et des médias français'', a
ajouté la même source.
Mais alors que le journal El Watan est distingué
pour sa crédibilité et son professionnalisme, Nacer Mehal
parle de formation de journalistes comme pour douter de leur niveau et
de leur crédibilité. Pour le ministre, cité par les
médias sur internet, le souci de formation dans le secteur de la
presse nationale "répond à l’impératif d’amélioration
des capacités professionnelles des journalistes".
Cette attitude du ministre risque fort bien de froisser
bien des journalistes et de journaux indépendants, qui ne voudraient
pas que l'on doute de leur crédibilité et de leur professionnalisme
pour aller jusqu'à leur proposer des formations. L'attitude du ministre
risque également d'être rejetée par des enseignants
universitaires qui voient là une manière de remettre en cause
leur capacité à former des journalistes.
Pour certains observateurs, le débat aujourd'hui
n'est pas dans la formation de journalistes, qui ont prouvé leur
capacité à exercer leur métier dans les règles
de l'art, y compris à l'étranger, mais dans la législation
qui les menace de sanctions, voire de prison, ainsi que des pratiques autoritaires
plus particulièrement présentes et pesantes dans la presse
publique, dont est issu Nacer Mehal. M. Mehal, qui critique souvent la
télévision algérienne, ne fait pas de même à
l'égard de l'APS dont il a été Directeur général
de l'agence APS pendant 10 ans avant de devenir ministre, et qui est pourtant
au même diapason que l'ENTV, en matière d'ouverture politique
et de ... professionalisme.(BMS)
Belkacemi Mohand Said - 0772.13.88.88
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